Le terme mulâtre (au féminin mulatresse) désigne l'individu né d'un père noir et d'une mère blanche, ou d'une mère noire et d'un père blanc ou de deux parents mulâtres. Il est tiré de l'espagnol mulo (mulet).
Le terme mulâtre a un peu vieilli en France, n'étant utilisé de façon relativement courante qu'aux Antilles (milate, mot créole dans les îles francophones), ou par des écrivains, des artistes. Les équivalents portugais et espagnols mulato (et mulatto) restent couramment utilisés, c'est peu le cas dans d'autres langues.
De nombreuses personnes estiment que le terme mulâtre est ancien, trop lié à l'esclavage et péjoratif. Ils trouvent l'étymologie faisant référence au mulet peu honorable et préférent utiliser le terme de métis qui est néanmoins un peu moins précis car il comprend toute sorte de métissages, le terme mulâtre ne concernant lui que les personnes issues d'un parent blanc et d'un parent noir.
La désignation des personnes selon leur couleur a eu une telle importance par le passé que chaque teinte entre le noir et le blanc avait son qualificatif. Dans les Antilles françaises, espagnoles et portugaises, au Brésil, dans le sud des États-Unis comme dans d'autres colonies, l'importance de l'origine raciale ne s'arrêtait pas à la première génération. Une classification selon la part de « sang noir » s'est mise en place, ainsi traditionnellement:
Un enfant issu d'une union noir-blanc est un mulâtre (mulâtresse)
Un enfant issu d'une union mulâtre-blanc est un quarteron (quarteronne)
Un enfant issu d'une union quarteron-blanc est un octavon (octavonne)
Un enfant issu d'une union mulâtre-noir est un câpre (câpresse) ou un griffe
Le terme quarteron signifie que l'individu a un quart de sang noir et octavon qu'il en a un huitième (les qualificatifs ont par exemple été utilisés concernant Alexandre Dumas père et fils).
En langue anglaise la division ne s'arrêtait pas à octoroon (l'équivalent d' octavon), on avait donc ensuite le quintroon (c'est-à-dire la cinquième génération à partir de l'ancêtre noir), nettement plus fréquent que son synonyme hexadecaroon (qui signifie que l'individu a un seizième de sang noir). Ces derniers qualificatifs ont probablement été très peu utilisés car à ce niveau les individus n'ont plus aucune caractèristique les différenciant des blancs ou supposés blancs à 100%.
Ces termes ont été inventés en majorité par les esclavagistes pour qualifier les catégories intermédiaires entre les maîtres et les esclaves, entre les « blancs » (ou « békés » aux Antilles) et les « nègres » ; ceux qu'ils ne considéraient pas encore comme des égaux mais plus vraiment comme des bêtes de somme. Inspirés de l'élevage animal, ces termes avaient indéniablement un but de classification raciste pour savoir qui pouvait être considéré comme un esclave ou non.
Le mulâtre jouissait jusqu'au milieu du XXe siècle dans les Antilles et en Amérique latine (également dans le sud des États-Unis) du prestige du sang blanc et de la force noire (chaque nuance de couleur correspondait dans l'imaginaire collectif à une valeur et à un statut social). En même temps le mulâtre suscitait, à cause de sa position, un sentiment de haine et d'agacement aussi bien chez les blancs que chez les noirs, certains préférant être employés par un blanc raciste que par un mulâtre.
Chaque famille (noire) avait pour ambition d'éclaircir son sang génération après génération car cela signifiait à terme échapper à la condition pauvre et à l'esclavage (s'affranchir par une couleur libre). Sous certaines conditions, l'enfant mulâtre pouvait être affranchi (cf Code noir), mais dans d'autres cas et dans des colonies autres que françaises même les octavons pouvaient rester esclaves.
C'est donc pourquoi certains mulâtres furent adeptes de l'éclaircissement du lignage familial et évitaient au maximum le contact avec les noirs, en se mêlant si possible aux blancs (ou supposés blancs).Ceci à été longtemps le cas au Brésil même après l'abolition de l'esclavage,c'est ce qu'on a appelé le branqueamento. Les noirs, les métis ou les indiens recherchant systématiquement une femme plus claire.